Une journée au Goulag

Cru, sans jamais tomber dans l’ultra-réalisme pervers et voyeur, ni dans la caricature de la pleurnicherie et du drame monayeur. Cru, jusque dans le texte argotique, piquant, comme révolté jusque contre le formalisme littéraire lui-même. Et surtout, jamais politique, philosophique, ni introspectif. Les pensées sont perçues dans les faits, point. Et les faits sont là, allégés de toute couleur, étalés sans tact par un acteur du drame.

Mais au-delà de ce docu-fiction, si on peut dire, quoique terme réducteur, c’est aussi et surtout une histoire d’hommes, et d’âmes. D’hommes en lutte continuelle, espérant évidemment que celle-ci ne soit pas perpétuelle, même si l’espoir semble effacé par la fatigue. Lutte contre les autres, galériens puants et comploteurs, lutte contre les éléments, glacés et mordants, lutte contre l’amour-propre tranché vif, et contre la chute de soi-même, pondéré par la fatigue, le manque de perspective et l’audace de la survie. Pour garder un minimum d’humanité, garder son individualité, au-delà du matricule systémique et réducteur à l’état binaire. Lutter encore, sans heurt car dans la crainte du couperet, matins après matins, jusqu’au soir. Et pour une journée, encore…

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Devo 3.0

Radioactive scientists déjantés des seventies, Puppet Boys des eighties aux chapeaux « pots de fleurs » canaliseurs d’énergie sexuelle, les dévolués ont laissé couler les nineties entre leurs doigts grassouillant. Absents, délaissés par leur public après quelques albums hyper-pop et bien trop sautillants dans les années 80, relégués au rang d’ancienne gloire devenue has-been, pourrie par les charts et les clips MTV !

Retour vers le futur, Marty. Années 70, le rock s’englue dans les stades et le glam. Il devient un show, spectacle sons et lumières. Les Stones tournent en rond, Led Zep plait aux parents, les Floyd se cachent derrière des lasers, Yes prend le chou, Genesis vend son âme, Bowie se pare de paillettes, et même Johnny Cash se ringardise. Quelques-uns clament au fond que le rock ne mourra jamais, mais il est trop tard. Le ver est déjà bien gros.
Et puis crises pétrolières, chômage, et punk. Violente remise à plat de la culture rock. Le binaire est de retour. Gueulards, vomisseurs de bières, crêtards. Ton père est un bourgeois, ta mère en gaine et bigoudis sur Picadilly.

Et au beau milieu de cet attroupement de révoltés, les dévolués. Partant du constat que la société se gaminarise, faute à la consommation à outrance, Devo a le projet de produire la musique en conséquence. Il en résulte alors un punk faussement minimaliste teinté d’électronisme. Subversif et dérangeant, ironique et piquant, caricatural et dénonciateur, Devo a alors tôt fait de trouver son public…

 

Peu à peu, leur musique s’électronise, au point de parfois produire dans les années 80 des morceaux sans aucun son organique…

Après quelques albums cultes pour toute une génération, Devo se laisse peu à peu se fondre dans la pop sans intérêt, avant de disparaître sous des amas de tomates pourries…

 

Depuis peu portés au haut rang de légende par une nouvelle génération friande d’électronisme 8 bits, de sonorités et mélodies peu glorieuses et poussives des 80s (MGMT, Empire Of The Sun et consors), il n’en fallait pas moins pour les faire sortir de leur trou. Avec fierté. Et l’envie de mettre une baffe à ces bidouilleurs de claviers post-pubères. Tu veux connaître la puissance des testicules de plus-que-quincagénaires, jeune ? Tu veux goûter à nos bonbons multicolores et dégoulinant, gamin ? Tiens, prends donc cette petite pilule bleue.


C’est bel et bien du pur Devo que propose cet album, leur meilleur depuis le fameux « Oh no, it’s Devo ». Les références à leurs anciens titres y sont d’ailleurs nombreuses. Grosse différence cependant, la production n’est évidemment plus la même. Le son est énorme, les rythmiques martiales, les bidouillages électro pleinement représentés. Pour un peu, on serait tenté de croire que leur longue absence et leurs égarements n’étaient que des leurres… Quant à leur discours, il n’a que peu changé, et reste malheureusement toujours aussi pertinent.

La Dune Fossile de Ghyvelde (59)

On appelle « fossile » une dune située à l’intérieur des terres, si loin de la mer qu’elle ne reçoit plus de sable ou de coquillages. La Dune Fossile de Ghyvelde s’est formée il y a 5000 ans, alors que la mer s’engageait plus profondément dans les terres.

C’est aujourd’hui un milieu acide et pauvre, et protégé tant les espèces présentes y sont peu communes dans la Région.

 

(Lire la suite…)

Randonnée à Fressin (62) !

Fressin est un petit village paisible, rural et plutôt fleuri du Pas-de-Calais, situé près d’Azincourt et sur un cours d’eau judicieusement appelé la Planquette. Sa démographie a diminué de moitié depuis 150 ans, pour aujourd’hui ne plus compter qu’environ 550 habitants. L’activité y est essentiellement agricole et les fermes se succèdent le long des chemins, depuis le centre même du village.
Illustre habitant, Georges Bernanos (l’auteur de Sous le Soleil de Satan) dira « J’habitais au temps de ma jeunesse une vieille chère maison dans les arbres, un minuscule hameau du pays d’Artois plein d’un murmure de feuillages et d’eau vive »

Outre le charme pour le moins pastoral de Fressin et de ses alentours, ce village compte quelques curiosités historiques, notamment les ruines de son château et son église, tous deux du XVème siècle.

 

Un village vert et très agricole… (Lire la suite…)

outils moo ?

Dans le cadre d’un nouveau projet utilisant énormément d’effets Javascript, j’ai posé le pour et le contre quant à choisir jQuery ou Prototype… pour au final découvrir l’excellent Mootools et son plugin moo.rd.
Ça me tire une épine du pied, parce qu’entre les faiblesses d’un jQuery associé à la fluidité d’un jQuery UI d’un côté, et la puissance d’un Prototype mais mal accompagné d’un scriptaculous poussif de l’autre, je pense avoir trouvé un parfait mix du meilleur des deux.

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coder dans les nuages

Le Javascript fait -à raison- de plus en plus parler de lui. Enfin, disons plutôt qu’il est de moins en moins dénigré et pourrait même être un langage d’avenir. Node.js, par exemple, est un des ces projets qui rendent à ce langage toute sa superbe, tout en étendant ses horizons et en lui trouvant des capacités insoupçonnées. Il serait justice de créer pour ce langage un éditeur qui lui est dédié, voire lui-même développé en Javascript. Et bien, c’est fait.

« We want to be to Eclipse what Google Docs is to Microsoft Word », annonce avec ambition les développeurs de Cloud9.

Loin d’être encore complet – il manque encore, par exemple, la complétion – Cloud9 est un éditeur Javascript, en Javascript, utilisable en ligne et proposant d’ores et déjà plusieurs fonctionnalités très intéressantes. Qui plus est, cet éditeur propose une prise en charge d’autres langages, tels que le HTML, le PHP, le C#, le C/C++, le Python et j’en passe. Si les fonctionnalités sont très limitées pour ceux-ci, tout l’intérêt de l’éditeur est qu’il est associé à un serveur Node. Celui-ci est juste utilisé pour le développement et le débogage ; un serveur Node demandant énormément de ressources, mais l’éditeur facilite toutefois le déploiement de l’application en production.
Utilisable donc sur le site officiel, cloud9ide.com, moyennant une inscription, le code sera stocké sur les serveurs et restera accessible depuis n’importe où.
Problème, pour rendre votre code privé, il faudra débourser quelques dollars (ce qui serait justice).
Et enfin, si vous perdez votre connexion Internet, vous n’aurez plus accès à votre code.

Heureusement il y a Findus, en quelques lignes dans une console sous Linux, qui permet de faire une copie de l’éditeur en local, qui sera donc accessible en localhost, et avec le serveur Node en prime. Que demande le peuple ? Ah oui, les quelques lignes :

- Tout d’abord, sur Ubuntu pour l’exemple, si ce n’est pas fait, on installe Git :
$ sudo apt-get install git

- Puis on « clone » l’éditeur :
$ git clone git://github.com/ajaxorg/cloud9.git

- Et enfin, pour lancer cloud9 et installer ses (sous-)modules :
$ sh bin/cloud9.sh

L’éditeur est alors accessible en local : http://127.0.0.1:3000/

Cloud9 peut aussi être installé sur Windows et MacOs.

M’est avis que, vu l’audace du projet et l’évolution du Javascript en terme d’utilisation, cet encore petit IDE pourrait bien devenir grand…

Et la tendresse, bordel !?

Une résonance au premier article de ce blog… Aujourd’hui sortait le « nouvel » album de Kate Bush. « Nouvel », nuancé, avec des guillemets, puisqu’il s’agit d’un album de reprises de deux de ses anciens albums, The Sensual World (1989) et The Red Shoes (1993). Deux albums surestimés pour certains, sous-estimés pour d’autres, inconnus pour la grande majorité, et par conséquent qui méritaient bien une relecture. Une relecture par l’artiste, qui aborde les différents thèmes développés ici avec l’âge, la maturité de la mère qu’elle est devenue depuis.
Ne serait-ce que le morceau éponyme The Sensual World, rebaptisé Flower of the Mountain dans sa nouvelle version, véritable Ode à l’Amour qui perd aujourd’hui sa jeune fraîcheur d’antan, sa voix encore jeune et sensuelle, son côté frêlement érotique et sensible, pour gagner en puissance avec toute la maturité d’une voix de la cinquantaine passée qui croit encore en cet Amour et ose se mettre à nu malgré des cordes vocales parfois à la limite de la défaillance.
Kate Bush chante l’Amour et l’aborde dans ses textes peut-être mieux que personne. Les plus éloignés de son univers et de son oeuvre se souviennent certainement de ses deux plus gros tubes, The Wuthering Height (inspiré du roman du même nom d’Emilie Brontë, dit en passant) et Babooshka, tout deux analysant des relations amoureuses tumultueuses sous des microscopes différents. Tragique et sensible pour l’un, humoristique et optimiste pour l’autre.

Out on the winding, windy moors
We’d roll and fall in green.
You had a temper like my jealousy
Too hot, too greedy.
How could you leave me,
When I needed to possess you?
I hated you. but I loved you, too.

Bad dreams in the night
You told me I was going to lose the fight,
Leave behind my wuthering, wuthering
Wuthering Heights.

Heathcliff, it’s me, I’m Cathy, I’ve come home and I´m so cold,
let me in your window

Ces (ses) textes ne se veulent jamais philosophiques, triturés, mais poétiques, théâtraux, avec des histoires simplement, crûment épinglées, sans guimauve ni colorant (mais souvent avec conservateur).

Si le thème central de son oeuvre laisse une part importante aux sentiments, Kate Bush n’hésite pas à laisser sa plume et sa voix à d’autres thèmes. Ainsi, ce Director’s Cut reprend des morceaux tels que Deeper Understanding, sur le manque de relation sociale de certains les poussant à passer leurs soirées sur leurs ordinateurs jusqu’à devenir des « no-lifes » (morceau écrit en 1989, qui retrouve une résonance aujourd’hui, et la gardera encore certainement demain), The Red Shoes, inspiré du film du même nom (mais au final n’ayant pas grand chose à voir, si ce n’est cette histoire de gaudasses rouges), dans lequel des chaussons de danse maléfiques prennent possession de celles qui les portent, ou encore le magnifique This Woman’s Work où un homme, patientant alors que sa femme accouche, se rend compte qu’il est temps pour lui d’être (enfin) adulte.

Les « fans » pourront toujours regretter que tel ou tel vieux morceau n’ait pas été retenu ici pour le lifting, il reste que l’album, dans sa globalité, donne une impression de consistance et de cohérence, ce qui manquait cruellement (à mon sens) à la première galette de son précédent double-album Aerial (2005).
Que dire de plus ? Le travail effectué n’est peut-être pas énorme, puisqu’il s’agit uniquement de reprises, mais les différents morceaux que composent cet albums se voient affublés d’environnements musicaux parfois très differents des originaux (en particulier This Woman’s Work ou Rubberband Girl par exemple). Après, chacun se fera sa propre opinion sur l’intérêt de la chose, et sa qualité.

Un petit aparté dans ce blog hautement et tristement synthétique, technique, juste pour parler de l’oeuvre de cette artiste qui me (pour)suit depuis peu, et que je découvre encore.

The Sensual World, version ’89








	
	
	
	



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Vi !

Premiers tâtonnements sur Vi, via Putty, ce matin… Bien sûr il y a un côté Old School voire Hard Programming séduisant, mais je sais déjà que j’y passerai plusieurs jours et mon Netbeans me manquera. A bientôt souris, auto-complétion et validation syntaxique. J’ai un peu l’impression de passer du couteau suisse au couteau à beurre.

Allez, il me faut un café.

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Et à la Grâce du Débogueur !

Les peuples océaniques connurent à leurs dépens, au cours des derniers siècles, diverses rencontres avec les empires colonisateurs. Éloignés depuis des milliers d’années de toute autre civilisation, et surtout n’ayant aucune connaissance des technologies et conscience du Système (monétaire, politique, industriel etc) des peuples dits « civilisés », ils voyaient d’un oeil tout à fait candide les attitudes de ces américains venus construire leurs bases militaires durant la Seconde Guerre Mondiale. Ainsi, c’était avec une curiosité mêlée d’incompréhension et d’envie qu’ils regardaient les opérateurs américains demander de la nourriture et du matériel par radio, pour ensuite voir accoster des cargos chargés de ces vivres.
C’est alors qu’ils eurent l’idée de tenter eux aussi leur chance, et de fabriquer par leurs propres moyens de faux micros reliées à des radios faites de bois et de palmes, espérant ainsi pouvoir appeler à leurs tours, et à leurs comptes, ces fameux cargos.
Ce qui est intéressant, c’est que presque tous les peuples autochtones eurent la même idée, plus ou moins en même temps, bien qu’étant sur des îles différentes. Ce qui donna le « culte du cargo ».

Quel rapport avec le développement ? Ce terme, désignant désormais le fait de s’approprier une chose inconnue dans l’espoir de pouvoir s’en servir, trouve son analogie dans la programmation, et désigne une pratique trop courante : le fait, pour un programmeur, de copier/coller un morceau de code au sein de son propre algorithme, sans tenter d’en comprendre le fonctionnement, croisant les doigts pour que le tout fonctionne.
Bien évidemment, cela donne souvent lieu à des tentatives d’adaptation désespérées, en résultant un code-rustine lourdingue voire incompréhensible.

On peut par ailleurs rapprocher cela (avec des pincettes, si vous avez) avec l’utilisation, volontaire ou imposée, de « boîtes noires ». On a beau bichonner son code et être un maniaque de l’optimisation, comment être assuré de l’intégrité de ses variables, flux ou données lorsque l’on doit les passer à la moulinette d’un applicatif fermé par soucis de copyright ou de sécurité ? Se fier aux contrats (comme les wsdl par exemple), s’ils existent, reste la seule option.
Une dernière réflexion ; peut-on considérer une technologie lourde et très complexe, mais open-source, comme une boîte noire (ou plutôt comme une technologie contenant des boîtes noires) ?
Personnellement je n’aurai jamais le courage de tenter de comprendre tous les rouages et coins sombres d’un Zend Framework ou d’un Symfony, ou même d’un CMS comme Joomla et WordPress. Je serai donc tenté de répondre par l’affirmative.

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sic !

Je viens de découvrir qu’il est tout à fait possible d’incrémenter une… chaîne de caractères avec PHP.
Ainsi :
$c = ‘y’;
echo $c++;

Affiche : z
Un nouvel echo $c++; affichera (je vous le donne en mille) : aa (puis ab, ac, et ainsi de suite).
Outre l’(in)utilité de la chose (d’autant que la décrémentation est tout simplement impossible), je me pose souvent des questions quant à l’intérêt du typage dynamique de ce langage, source de nombreux bugs facilement repérables/évitables dans d’autres langages au typage fort…
Le dernier bug en date lié à cela dans mon projet actuel étant une équivalence, selon PHP, de l’entier 0 et du booléen false. Bien sûr, honte à moi de n’avoir comparé que les valeurs et non pas les types… Depuis, l’opérateur logique ‘===’ fait partie de mes meilleurs amis.

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